ET LA DEUXIÈME TRANCHE ?
En fait la restauration de l’hôpital n’a été que partielle ; reste donc depuis 2017 pour la Ville à engager la 2ᵉ tranche, la dépense estimée alors serait de plus de 2 millions d’euros TTC. C’est certes une grosse dépense, mais qui serait diminuée de la récupération de la TVA et de subventions variées. Ainsi est-il intéressant de savoir que si le montant de la 1ʳᵉ tranche a été de 1 324 000 € HT, seuls 35 % ont été réglés par la commune, soit un peu plus de 400 000 €, du fait des différentes subventions publiques (29 % pour l’État, 19 % pour la Région, le Département et la réserve parlementaire 16 %) et privées (Fondation du Patrimoine et association des Amis de Frémeur). De plus, la Ville y a gagné une haute distinction, car elle a été récompensée du ruban bleu du Patrimoine
L’association Les Amis de l’hôpital Frémeur sous la direction de sa présidente (2013-2021) Anne Coudriau, a essayé de son côté avec des moyens limités d’accompagner la restauration en rassemblant des objets variés ayant trait à l’histoire des hôpitaux, pour donner une âme aux lieux, armoires, lits, urinal, etc. et en proposant son aide à la Ville ; ainsi a-t-elle édité des cartes postales, fait agrandir des photographies comme aide aux visites, tenu des permanences pendant l’été et même après, financé la restauration du lustre et poussé la Ville pour la remise en place des boiseries anciennes (du XVIIIᵉ siècle notamment) des chambres…
Depuis 2021, le nouveau président Cosme de Moucheron continue cette action en favorisant les contacts avec la Ville, l’Office de Tourisme communautaire et les institutions du Patrimoine et en multipliant les animations, concerts et conférences. Mais le manque d’historiens et de recherches, continue de nécessiter la collaboration avec les bénévoles de la Société d’histoire ; une association qui a une longue expérience de visites expliquées des lieux depuis Y. Bellancourt vers 1980, des visites qui sont toujours très suivies, preuve de l’intérêt du public pour ce lieu exceptionnel ; cette association a aussi accumulé depuis longtemps une riche documentation qui trouve son aboutissement dans ce fascicule.
Aujourd’hui, malgré le potentiel, l’absence de programmation de nouveaux travaux rend impossible l’exploitation régulière de lieux à l’intention des touristes ou des Quimperlois. Le toit de la longère au-dessus des dortoirs n’est que provisoire : l’onduline permet certes d’éviter des fuites mais c’est un matériau plus dégradable qu’un toit d’ardoises. Une réflexion serait nécessaire pour définir les besoins (accueil, sanitaires, accès aux personnes handicapées) et d’élaborer un projet solide (quelle problématique favoriser, quel circuit cohérent mettre en œuvre, quelle documentation rassembler sur le lieu, sur l’histoire des hôpitaux, quelles animations proposer, quelles conférences, quelles thématiques et quel musée virtuel imaginer, et aussi pourquoi pas préparer la tenue d’un colloque universitaire ?…).
Mais ce travail de réflexion reste à mettre en œuvre avec tous les acteurs concernés par l’avenir de cette richesse communale, institutionnels et associatifs. À signaler l’atout que constituent les anciens dortoirs sur le plan muséographique, car ces deux grandes salles de niveau, seraient idéales pour un tel aménagement (espace qui manque tant à Quimperlé depuis la disparition du « musée de la Maison des Archers »). Ce lieu aménagé est donc porteur d’avenir touristique pour la Ville et son pays d’art et d’histoire, (même si la thématique du patrimoine bâti n’y a pas été retenue comme prioritaire). Aujourd’hui nombreux sont ceux qui attendent le déblocage de la situation.
Texte écrit par Alain Pennec, président de Histoire et patrimoine de Kemperlé. Agrégé de l’Université.
